Vibe Coding : pourquoi l’IA est en train de transformer radicalement le développement logiciel

Vibe Coding : pourquoi l’IA est en train de transformer radicalement le développement logiciel

 

Du scepticisme des experts à l’adoption massive par l’industrie

 

Pendant longtemps, le vibe coding — c’est-à-dire le développement logiciel assisté massivement par des intelligences artificielles génératives — a été perçu comme une curiosité, voire une hérésie, par les développeurs expérimentés. Trop imprécis, pas assez fiable, inadapté aux projets complexes : les critiques étaient nombreuses.

Pourtant, en l’espace de quelques mois, un basculement profond s’opère. Ce ne sont plus des startups marginales ou des amateurs qui défendent ces pratiques, mais les figures les plus légitimes du monde technologique, ainsi que les entreprises les plus avancées dans l’IA.

Nous assistons à un changement de paradigme comparable à l’arrivée du cloud ou de l’open source : le code devient une commodité, et la valeur se déplace ailleurs.

 

Quand Linus Torvalds change de ton : un signal faible devenu signal fort

 

L’un des moments les plus symboliques de cette transition est venu de Linus Torvalds, créateur du noyau Linux et de Git.

Longtemps critique, voire moqueur, à l’égard du vibe coding, Torvalds a récemment nuancé très clairement sa position lors d’interventions publiques. Il a expliqué avoir utilisé concrètement des outils d’IA générative pour développer un projet personnel, une interface logicielle liée à un projet de guitare qu’il fait évoluer depuis plusieurs années.

Son analyse est désormais beaucoup plus pragmatique :

  • le vibe coding ne fonctionne pas encore pour les très grands projets critiques (comme un noyau de système d’exploitation),

  • mais il est particulièrement efficace pour des projets ciblés, à faible complexité structurelle,

  • et surtout extrêmement utile lorsqu’on travaille dans un langage que l’on maîtrise imparfaitement.

Point clé : Torvalds reconnaît que le code Python généré par l’IA était meilleur que ce qu’il aurait écrit lui-même, précisément parce qu’il n’est pas expert dans ce langage.

Quand une figure aussi centrale dans l’histoire du logiciel libre tient ce discours, le débat change de nature.

 

Le “gatekeeping” technologique : un réflexe classique des révolutions

Les résistances initiales au vibe coding s’expliquent en grande partie par un phénomène bien connu en psychologie sociale et dans les milieux experts : le gatekeeping.

À chaque rupture technologique majeure, une partie des experts réagit en expliquant que :

  • “ce n’est pas vraiment de la vraie technologie”,

  • “le grand public ne peut pas comprendre”,

  • “cela n’a aucun avenir sérieux”.

On l’a vu avec :

  • les chatbots (“ce n’est pas de l’IA”),

  • le no-code,

  • le low-code,

  • et aujourd’hui le vibe coding.

L’analogie souvent citée lors de la conférence est celle de la carbonara : plat considéré comme une tradition italienne immuable, alors qu’aucune recette écrite n’existe avant 1944, et que son origine la plus probable est liée aux rations des soldats américains après la Seconde Guerre mondiale.

Autrement dit : ce que l’on sacralise comme “pur” est souvent une invention récente.
Le logiciel n’échappe pas à cette règle.

 

Anthropic, Cursor, Tesla : quand les leaders montrent la voie

 

Anthropic : coder une IA… avec de l’IA

Chez Anthropic, créateur de Claude, les équipes ont annoncé qu’à certaines périodes récentes, aucune ligne de code n’avait été écrite directement par un humain.

Les ingénieurs définissent l’architecture, les contraintes, les objectifs — mais la génération de code est confiée à l’IA.
C’est un signal extrêmement fort : les leaders du coding assisté par IA utilisent eux-mêmes ces outils à grande échelle.

Cursor : 3 millions de lignes de code en un week-end

Autre démonstration spectaculaire : Cursor a révélé avoir utilisé les derniers modèles d’IA (dont GPT-5.2 et Claude) pour développer un navigateur web expérimental.

Les chiffres donnent la mesure du changement :

  • 3 millions de lignes de code,

  • 44 000 commits GitHub,

  • un développement réalisé sur un week-end.

Bien sûr, ce navigateur n’est pas encore l’équivalent d’un Chrome ou d’un Firefox. Mais il faut rappeler que ces navigateurs reposent sur plus de 15 ans de travail et des milliers d’ingénieurs.

Le point clé n’est pas la perfection du résultat, mais le changement d’échelle.

 

 

GOWeeZ - article - Vibe coding - the future of software development

 

Le vrai impact du vibe coding est économique, pas technique

 

Le bouleversement le plus profond n’est pas tant dans la qualité du code que dans son coût marginal.

Il y a quinze ans, développer un navigateur web coûtait entre 1 et 2 millions d’euros, même en s’appuyant sur des briques open source existantes. Aujourd’hui, des prototypes avancés émergent en quelques jours.

Conséquence directe :
👉 le logiciel devient une commodité.

C’est pour cette raison que les grandes entreprises technologiques pratiquent le blitzscaling :

  • la technologie est rapidement réplicable,

  • mais l’acquisition et la rétention des utilisateurs ne le sont pas.

 

Les SaaS traditionnels face à un risque majeur

 

Ce mouvement pose une question stratégique majeure pour de nombreux SaaS (CRM, outils d’analytics, observabilité, logiciels métiers).

Pourquoi ?
Parce que si une entreprise peut :

  • développer rapidement ses outils internes sur mesure,

  • parfaitement alignés avec ses processus métier,

  • à un coût marginal proche de zéro,

alors la valeur des plateformes génériques est mécaniquement remise en question.

Ce phénomène est déjà observable : de nombreuses entreprises développent aujourd’hui leurs propres outils grâce au vibe coding, souvent en interne, parfois sans même en faire un sujet de communication.

 

Ce que le vibe coding ne remplace pas

 

Il serait toutefois dangereux de conclure que le développeur devient inutile.

Le vibe coding :

  • ne remplace pas l’architecture logicielle,

  • ne supprime pas la nécessité de cadrage méthodologique,

  • ne fonctionne pas sans expertise humaine pour orienter, tester et sécuriser.

Les couches critiques, les choix structurants, la compréhension métier et la responsabilité légale restent profondément humaines.

Mais une chose devient claire :

il devient de plus en plus difficile de justifier le fait de ne pas utiliser ces outils.

 

Conclusion : un basculement irréversible

 

Le vibe coding suit une trajectoire désormais classique :

  1. rejet par les experts,

  2. moquerie,

  3. adoption pragmatique,

  4. généralisation.

Lorsque Linus Torvalds, Anthropic, Cursor ou Tesla montrent publiquement la voie, le débat n’est plus idéologique.

La vraie question n’est plus :
“Faut-il utiliser le vibe coding ?”
mais :
“Comment l’intégrer intelligemment dans une stratégie technologique, économique et réglementaire ?

Les réflexions présentées dans cet article sont inspirées des points de vues discutés lors d’une conférence entre Idriss Aberkane, Ph.D, et Philippe Anel,
(src. Scanderia)

 

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Article written by Fabrice Clément

Advisor et Consultant auprès des dirigeants d'entreprise - Fondateur de GOWeeZ !

Pendant longtemps, le vibe coding — c’est-à-dire le développement logiciel assisté massivement par des intelligences artificielles génératives — a été perçu comme une curiosité, voire une hérésie, par les développeurs expérimentés. Trop imprécis, pas assez fiable, inadapté aux projets complexes : les critiques étaient nombreuses. Pourtant, en l’espace de quelques mois, un basculement profond s’opère. Ce ne sont plus des startups marginales ou des amateurs qui défendent ces pratiques, mais les figures les plus légitimes du monde technologique, ainsi que les entreprises les plus avancées dans l’IA.

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