La transformation digitale des ETI ne se joue pas sur la taille, mais sur le design organisationnel. Certaines ETI restent paralysées, tandis que des grands groupes prouvent qu’une bonne gouvernance
60–65 % : très technique, expert / 70–75 % : business spécialisé / 80–85 % : business accessible / 90 %+ : vulgarisation grand public

La transformation digitale des ETI françaises est à un tournant décisif en 2026. Contrairement aux idées reçues, la réussite de cette mutation ne dépend pas uniquement de la taille de l’entreprise, mais bien de la qualité de son design organisationnel et de sa gouvernance technologique. Si les ETI disposent d’atouts certains – agilité décisionnelle, proximité avec le terrain – elles ne sont pas immunisées contre l’échec. Parallèlement, certaines grandes entreprises démontrent qu’une architecture organisationnelle bien pensée peut surpasser les avantages supposés de la petite taille.
L’idée selon laquelle les grandes entreprises seraient systématiquement handicapées dans leur transformation digitale mérite d’être nuancée. LVMH, par exemple, a su développer une approche sophistiquée de la gouvernance de la donnée et de l’intelligence artificielle. Dès les premières phases de sa transformation, le groupe a structuré ses équipes autour de Chief Data Officers et de data stewards dans chaque Maison, créant ainsi une architecture décisionnelle distribuée mais cohérente.
📊 3,1% du CA en moyenne (fourchette 1,9% à 5,5%) – Investissement technologique du luxe
Schneider Electric illustre également cette réussite à grande échelle. L’entreprise a investi massivement dans sa gouvernance technologique, avec une allocation budgétaire équilibrée entre maintien opérationnel (« run ») et transformation (« change »). Contrairement à d’autres secteurs où le « run » capte jusqu’à 63% des budgets IT, Schneider a optimisé cette répartition pour libérer des ressources dédiées à l’innovation.
Airbus, de son côté, démontre qu’une organisation de 130 000 collaborateurs peut déployer des solutions digitales complexes en s’appuyant sur une gouvernance claire et des processus d’innovation structurés. Le groupe aéronautique a notamment mis en place des PMO (Project Management Office) dédiés à l’innovation, réservant une portion de son portfolio aux expérimentations.
« La gouvernance de la donnée est un sujet fondamental qui assure la qualité des solutions mises en place »
— Franck Le Moal, LVMH
Ce qui distingue ces réussites n’est pas la taille, mais la qualité du design organisationnel. Les entreprises performantes, qu’elles soient ETI ou grands groupes, partagent des caractéristiques communes :
| Critère | Organisation Performante | Organisation Fragile |
|---|---|---|
| Gouvernance de la donnée | Centralisée avec exécution distribuée | Silotée par département |
| Allocation budgétaire IT | 40-50% dédiés au « change » | 60-70% consacrés au « run » |
| Structure décisionnelle | PMO innovation + roadmap claire | Projets ad hoc sans coordination |
| Conduite du changement | Intégrée dès la conception | Pensée après-coup |
| Partenaires externes | Sélectionnés pour leur expertise stratégique | Choisis sur critères purement techniques |
L’agilité organisationnelle ne se décrète pas : elle se construit. Selon les travaux du Center for Effective Organizations, l’agilité doit être appréhendée comme une capacité que toutes les organisations peuvent développer, indépendamment de leur taille. Cette capacité se définit comme l’aptitude à produire des changements opportuns, efficients et pérennes.
📊 Seulement 13% des PME/ETI en font une priorité (34% chez les plus avancées) – Priorité stratégique de la transformation digitale
Dans un contexte de changement permanent, la finalité du design organisationnel est de développer cette agilité. Toutes les formes d’organisation – y compris les bureaucraties – peuvent y parvenir si elles acceptent de repenser la tension fondamentale entre division du travail et coordination des efforts.
Selon Deloitte, trois dimensions structurent un design organisationnel performant en 2026 :
La gouvernance technologique représente le chaînon manquant dans de nombreuses transformations digitales d’ETI. Trop souvent, ces entreprises investissent dans des outils sans structurer la gouvernance qui permettra de les exploiter efficacement.
Les entreprises de luxe interrogées par Bain & Company en 2025 révèlent que leurs investissements technologiques restent trop concentrés sur le maintien opérationnel. Cette approche limite leur capacité d’innovation et les rend vulnérables face à des acteurs plus agiles.
| Niveau de Maturité | Caractéristiques Gouvernance Tech | Part des ETI (estimation) |
|---|---|---|
| Niveau 1 – Réactif | Pas de stratégie formalisée, projets isolés | 30-35% |
| Niveau 2 – Structuré | Roadmap IT définie, budget alloué | 40-45% |
| Niveau 3 – Intégré | Gouvernance alignée sur stratégie business | 15-20% |
| Niveau 4 – Optimisé | Innovation continue, architecture évolutive | 5-10% |
Une gouvernance technologique efficace repose sur plusieurs piliers :
1. Architecture d’entreprise cohérente : Les équipes gouvernance IS/architecture d’entreprise doivent assurer la cohérence structurelle et fonctionnelle du système d’information. Chez LVMH, ces équipes travaillent en collaboration étroite avec les Business Units pour servir les objectifs stratégiques.
2. Gestion du cycle de vie des données : De la collecte à la transformation, en passant par le machine learning et l’IA, la gestion des données doit suivre une stratégie claire. Les entreprises performantes nomment des responsables dédiés (Chief Data Officers) avec des mandats précis.
3. Sécurité et conformité : Selon Gartner, les tendances 2026 placent la sécurité au cœur de la transformation. Les AI Security Platforms centralisent désormais la visibilité et le contrôle à travers les applications IA tierces et personnalisées.
4. Allocation budgétaire stratégique : Les leaders en matière de numérique investissent en moyenne 45% de leur budget IT dans des projets de transformation, contre beaucoup moins pour les retardataires.
📊 45% du budget IT dédié à la transformation – Investissements budgétaires IT des leaders
Si les ETI bénéficient d’atouts structurels – circuits de décision plus courts, culture entrepreneuriale, proximité avec le terrain – elles ne sont pas à l’abri d’échecs retentissants dans leur transformation digitale. Plusieurs facteurs expliquent ces déconvenues :
1. Le manque de vision stratégique : Selon l’enquête Bpifrance Le Lab, 45% des dirigeants de TPE/PME et ETI n’avaient pas de vision claire de leur transformation numérique. Parmi ceux qui en avaient une, 63% n’avaient pas établi de feuille de route précise.
2. L’accompagnement du changement insuffisant : Au sein des ETI, l’échec des projets de transformation est lié, dans 75% des cas, à une démarche d’accompagnement du changement insuffisante. En 2026, 57% des dirigeants d’ETI identifient la résistance interne au changement comme leur premier obstacle.
3. La complexité sous-estimée : Un cinquième des entreprises déclarent que la gestion du changement (22%) et la complexité des technologies (21%) constituent leurs principaux obstacles. La difficulté à gérer les changements internes empêche la mise en œuvre rapide de projets innovants.
Plusieurs ETI industrielles françaises ont connu des difficultés majeures dans leur transformation digitale :
« L’échec des projets de transformation est lié, dans 75% des cas, à une démarche d’accompagnement du changement insuffisante »
— Étude KPMG sur les ETI
Face à la complexité de la transformation digitale, le recours à un partenaire externe structurant devient souvent déterminant. Mais attention : il ne s’agit pas de choisir un simple prestataire technique, mais un véritable partenaire de gouvernance technologique.
1. Audit et diagnostic de maturité digitale
Le partenaire externe apporte un regard objectif sur la maturité digitale de l’entreprise. Cet audit couvre :
| Critère | Questions à Poser | Red Flags |
|---|---|---|
| Expertise sectorielle | Ont-ils accompagné des ETI de votre secteur ? | Références uniquement grandes entreprises |
| Approche méthodologique | Quelle méthodologie de transformation ? | Approche uniquement technique |
| Gouvernance proposée | Comment structurent-ils le pilotage ? | Pas de modèle de gouvernance clair |
| Conduite du changement | Quel accompagnement humain ? | Focus exclusif sur l’outil |
| Mesure de la performance | Quels KPI proposent-ils ? | Indicateurs purement techniques |
Dans ce paysage, GOWeeZ se positionne comme un partenaire de gouvernance technologique pour les ETI. Au-delà de l’expertise technique, GOWeeZ apporte :
La digitalisation consiste à convertir des processus analogiques en processus numériques (exemple : passer de la facture papier à la facture électronique). La transformation digitale va beaucoup plus loin : elle repense le modèle d’affaires, l’organisation et la culture de l’entreprise pour tirer pleinement parti des technologies numériques. C’est une démarche stratégique globale, pas une simple modernisation d’outils.
Il n’existe pas de réponse unique, car cela dépend du niveau de maturité initial et de l’ambition de transformation. En général, une transformation digitale structurée s’étale sur 3 à 5 ans, avec des quick wins visibles dès les 6 à 12 premiers mois. L’important est d’adopter une approche progressive, par vagues successives, plutôt qu’un big bang risqué.
En 2026, l’approche cloud-first s’impose pour la majorité des ETI. Le cloud offre flexibilité, scalabilité et accès aux technologies de pointe (IA, analytics) sans investissement initial massif. Toutefois, une approche hybride peut être pertinente pour certaines données sensibles ou applications critiques. L’essentiel est de définir une stratégie cohérente plutôt que de multiplier les solutions isolées.
Le ROI d’une transformation digitale se mesure sur plusieurs dimensions : gains d’efficacité opérationnelle (réduction des coûts, automatisation), amélioration de l’expérience client (NPS, taux de conversion), accélération de l’innovation (time-to-market) et renforcement de la compétitivité (parts de marché). Il est crucial de définir des KPI précis avant le lancement et de les suivre régulièrement. Attention : certains bénéfices (agilité, culture) sont qualitatifs et se manifestent à moyen terme.
Les entreprises leaders investissent entre 3% et 5% de leur chiffre d’affaires dans la technologie, avec 40 à 50% de ce budget dédié à la transformation (vs maintien opérationnel). Pour une ETI, cela peut représenter entre 500 K€ et 2 M€ annuels selon la taille. L’important n’est pas tant le montant absolu que la cohérence de l’allocation : mieux vaut investir de manière ciblée et progressive que disperser les ressources sur de multiples projets déconnectés.
📊 82% des dirigeants d’ETI considèrent la transition écologique comme un levier de performance (Source : EY & Bpifrance Le Lab, 2026)
💡 45% des dirigeants de PME/ETI n’avaient pas de vision claire de leur transformation numérique (Source : Bpifrance Le Lab, 2025)
🔒 75% des échecs de transformation dans les ETI sont liés à un accompagnement du changement insuffisant (Source : Étude KPMG, 2025)
💰 3,1% du CA en moyenne consacré à la technologie dans le secteur du luxe (fourchette 1,9% à 5,5%) (Source : Comité Colbert & Bain & Company, 2025)
La transformation digitale des ETI en 2026 ne se résume pas à une question de taille ou de budget. Elle repose sur trois piliers fondamentaux : un design organisationnel adapté, une gouvernance technologique robuste et un accompagnement du changement structuré.
Les grandes entreprises comme LVMH, Schneider Electric ou Airbus démontrent qu’une architecture organisationnelle bien pensée peut surpasser les avantages de l’agilité supposée des structures plus petites. À l’inverse, de nombreuses ETI échouent dans leur transformation faute de vision stratégique, de gouvernance claire ou d’accompagnement humain.
Dans ce contexte, le recours à un partenaire externe structurant – capable d’apporter expertise stratégique, audit de maturité, due diligence technologique et accompagnement décisionnel – devient un facteur clé de succès. Il ne s’agit plus de choisir un simple prestataire technique, mais un véritable partenaire de gouvernance qui aidera l’ETI à construire son agilité organisationnelle dans la durée.
La transformation digitale n’est pas une destination, mais un voyage continu d’adaptation et d’apprentissage. Les ETI qui réussiront seront celles qui sauront combiner leur proximité terrain avec une gouvernance technologique de niveau entreprise, en s’appuyant sur des partenaires qui comprennent autant les enjeux business que les défis techniques.
Pourquoi les investisseurs deviennent beaucoup plus exigeants sur la cyber sécurité depuis NIS2
Guide pour préparer un pitch deck efficace pour les investisseurs
Comment choisir le bon outil d’investissement pour votre levée de fonds en amorçage ?
Advisor et Consultant auprès des dirigeants d'entreprise - Fondateur de GOWeeZ !
En 2026, on continue de confondre transformation digitale et achat d’outils. C’est une erreur. Ce qui fait la différence, ce n’est pas la taille de l’entreprise, ni même son budget : c’est sa capacité à décider vite, exécuter proprement, apprendre et sécuriser. Autrement dit : son design organisationnel. Les ETI qui réussissent ne “digitalisent” pas. Elles gouvernent. Elles structurent. Elles mesurent. Et elles alignent enfin le métier et l’IT avant de courir après la technologie.
Fabrice Clément Tweet